Août 2011, Jalcomulco, 35 degrés Celsius

•août 10, 2011 • 6 commentaires

Ola la banda!

Oui, je sais, ça fait un petit paquet de temps que je n’ai pas écrit.

J’ai envie de tout vous raconter, la Californie, le Road trip, les problèmes de barrages hydroélectriques qui vont tuer la rivière, de faire un petit bilan de mon année loin de France et comment ça se passe ici depuis mon retour à Jalcomulco.

Mais on va y aller tranquillement, je ne veux pas vous fatiguer les yeux.

Alors je commence par la fin. Depuis une semaine, un truc de fou est entré dans ma vie : J’apprends à devenir GUiDe de rAfTiNg ! !!!

C’est une profession que j’admire, que je respecte, et que je considère comme la plus intense de toutes celles qu’on trouve ici. Parce que la rivière peut être dangereuse, parce que tu as un équipage à mener à bon port, parce qu’un rafting, c’est quand même énorme (70 kilos).

J’ai eu plein d’occasions de descendre la rivière avec mes potes d’ici, c’est très rock’n’roll. Je me méfie d’elle, qui est bien plus haute depuis la saison des pluies, et que j’ai vue en furie quelques fois aussi, et ça m’est déjà arrivé de tomber dans l’eau, d’en avaler plein et d’avoir le souffle coupé.

 Et il y a quelques semaines, Camaron me demande si j’aimerai apprendre à barrer. Je dis « ah oui carrément ! ».  Ca me démangeait, surtout depuis la compétition pour les sélections nationales qui a eu lieu ici début juillet, et dans laquelle j’étais à fond,  en tant que supporter de l’équipe des filles. J’avais envie d’aller ramer avec elles !

Il m’a invité à venir pagayer et c’était cool. Plus tard, je le croise sur le pont, et il me demande ce que je fais en ce moment et me dit que son boss, le proprio du campement où il travaille, lui a dit que si je voulais , je pouvais être formée dans son campement et tout et tout ( et tout et tout signifie :  s’il y a des clients, je suis nourrie 3 fois par jour, je peux travailler dans le camp comme je veux et recevoir un peu d’argent aussi : aider les filles à la cuisine = apprendre à cuisiner mexicain, encadrer et divertir les clients,  être guide de tyrolienne,  de rando, …  ).

C’est donc grand luxe. J’ai du mal à réaliser l’offre qu’on me fait. On me nourrit pour m’apprendre un truc incroyable. Bon, bien sûr, je me lance dans une affaire pas simple. J’ai beaucoup à enregistrer et c’est un vrai défi.

Sensations fortes sur sensations fortes, ampoules sur ampoules.

Pour mon corps aussi, c’est rude. J’ai les muscles (tous les muscles, des orteils à la nuque, en passant par les chevilles, les cuisses mon dieu, les deltoïdes, les pectoraux, les abdos, tous…) en compote aujourd’hui, car j’étais sur la rivière les 6 derniers jours. Pour la peau aussi ça fait mal. J’ai des brûlures, des bouts de peau arrachés, des bonnes ampoules, des bleus, des coups de soleil car mon écran total waterproof n’est pas rafting-proof. La peau du dessus de mes genoux est noire ! Peut-être que je suis en train de me transformer en mec…  Y’a pas beaucoup de filles dans le milieu du raft. En tous cas, ici, je suis la seule. Il y en a bien eu deux, mais elles ne sont pas là en ce moment. Je dois me surpasser !

Le premier jour, Camaron était mon prof, il m’a fait guider un tiers de la rivière. Il m’a dit « tu t’assois ici et tu guides ». Quoi quoi quoi ??? Et waw ! Comment bien amener le raft dans les rapides, avec leur belles vagues et leurs trous dans tous les sens, l’adrénaline est encore plus forte quand tu es capitaine du navire !

Il m’a dit quelque-chose comme « tu vas souffrir, et tu vas adorer ! ».

Si la rivière est trop haute, je ne guide pas encore, idem dans les rapides qui bougent bien, j’observe,  je laisse les pros faire le boulot. J’adore la mentalité, l’esprit d’équipe est très fort, tout se base sur l’entraide entre l’équipage. Et tu dois y aller, ne pas te poser de questions, faire fonctionner ton intelligence, ton observation, tes reflexes.

J’ai  5 profs ! Choskia, Camaron, Carlangas, Albino et Korea. Et ils sont cools avec moi ! Ils m’apprennent aussi à préparer le matériel, le charger, fixer le bateau, faire des nœuds solides mais faciles à défaire, les consignes de sécurité, les premiers gestes d’aide, les trucs et astuces, et comment mettre l’ambiance dans le raft.

Et Liki aussi, qui ne bosse pas là tout le temps, mais qui est de la banda, quand il me voit, me donne ses bons conseils, ses astuces (comment sortir de l’eau avec une pagaie par exemple) et ses encouragements.

Et voilà.

Tout va donc TRÈS BIEN. Muy bien muy bien!

Je vous embrasse mes chers lecteurs.

Noemie

Question numero 19

•juin 8, 2011 • Un commentaire

A quoi penses-tu en te réveillant le matin?

« Ouhla, quelle heure est-il? »

Depuis que je suis ici, je n’ai quasiment pas besoin de réveil.  La lumière, les premiers bruits de la nature et un peu plus tard de la vie qui se met en marche en géneral me réveille naturellement. Mais jamais vraiment à la même heure non plus.

Après, tous les matins, différentes pensées traversent mon esprit:

« wah, j’ai ultra bien dormi! »

 » c’est quoi ce chat sur mes jambes? »

« c’est quoi ces piqûres que je n’avais pas hier en m’endormant? »

« Pourquoi je transpire déjà? »

« Qu’est-ce que je fais aujourd’hui? je vais nager d’abord ou pas? »

etc.

Nouvelles photos ici

question numero 18

•juin 1, 2011 • Laisser un commentaire

T’as parlé anglais, tu apprends l’espagnol, mais quid du chinois?

Ah! Je parle toujours anglais tous les jours, avec Flor ou Lorena, a « How come?! How come-mulco!!! ». Même si en ce moment, ça vire vers le spanglish. Mon cerveau a du mal à passer de l’un à l’autre et il utilise les deux langages simultanément.

L’español, ça va de mieux en mieux, mais comme j’aimerai savoir conjuguer correctement les verbes! Et bon, l’accent, notamment le roulement du R, c’est pas ça non plus.

Actuellement, je ne parle pas français. J’écris en français, je lis encore un peu en français, Parenthèse : MERCI JULIE POUR LES LIVRES, excellents! Fin de parenthèse, et c’est tout.  Je ne me rappelle pas trop de mes rêves en ce moment et je crois qu’ils sont muets.

Quand mes parents sont venus me voir, deux semaines, en avril, ça a été assez compliqué pour moi de passer d’une langue à l’autre. Je me retrouvai à parler en español ou en anglais à mes parents et en français au serveur ou à l’ouvreur du musée…

Le chinois: je pense que si je vais en Chine ( et je compte bien y aller) suffisament longtemps, je m’y mettrai aussi! Et j’ai envie d’apprendre l’arabe également! Après on verra!

 

Info de derniere minute: je suis en Californie depuis hier soir pour environ deux semaines, puis Road trip pour revenir avec Geoff vers le village de notre coeur.

New pictures here

Question numero 17

•mai 24, 2011 • Laisser un commentaire

Moi, je voudrais savoir si tu peux/arrives à suivre l’actualité internationale et s’il est possible, même en étant loin géographiquement, loin des médias (français surtout) de se sentir concerner par ces actualités… je pense notamment aux révoltes dans le monde islamique qui sont en train de bouleverser énormément de trucs… après, tu dois sûrement te sentir plus concerner ou investie dans les actus locales, notamment la construction de barrages sur le fleuve qui traverse ton patelin, chose dont nous ne sommes pas du tout au courant.

ça me questionne ! alors j’en profite !

 

Eh bien, de l’eau a coulé sous les ponts de l’actualité depuis le moment où tu m’as posé cette question.

Je suis bien l’actualité, mais de façon non complète… D’abord, contrairement à Paris où nous sommes bombardés d’info, ici, si je ne fais aucun effort, je suis totalement coupée du monde de l’actualité, voire du monde tout court.

Je dis « ou presque » parce qu’il y a bien deux ou trois amis d’ici qui me parlent de l’actualité quand même, Flor écoute la radio et regarde la télé, Lorena regarde la télé et va sur des sites d’info « basic » sur internet, etc. Et je ne pouvais donc pas louper, pêle-mêle: Ben Laden, le mariage de Kate & William, la cata au Japon, le tremblement de terre en Espagne, DSK, les émeutes et le bordel dans les pays du Nord de l’Afrique, les stupidités du président,  etc. 2011 yeah!

Ensuite, dès que je me connecte à internet et que la connexion ne patine pas trop, je vais lire un peu l’actualité sur rue89 ou des sites comme ça. C’est pour ça que ce n’est pas hyper complet. Mais bon, je ne cherche pas à tout savoir non plus.

Et donc l’actualité locale française: pas trop trop, les news internationales de grande envergure: oui, les guerres de cartels dans le nord du Mexique: oui, l’état des peuples indigènes en Australie: non…

Une semaine loin de Jalcomulco

•mai 12, 2011 • Laisser un commentaire

Une semaine à San José Acateno, donc, un pueblo dans l’état de Puebla. ( C’était en mars – – – le temps passe plus vite ici qu’ailleurs – – -)

Pour quoi faire? Parce que c’est le village de Fernando, mon boss, du bar. Et comme c’est la féria du village, il a un stand et on fait des micheladas et des piña coladas.

Enfin, je faisais surtout des piña coladas ( glace, lait, creme de coco, ananas, rhum….) et Julio ( ou Barni, appelez le comme vous voulez) faisait des micheladas ( alors là, attention les ingrédients: glace, chili, sauce anglaise de type worcester, sauce maggi, salsa qui pique à mort, tabasco, des fois jus de tomate si le client en veut, sucette de tamarindo et un litre ou presque de bièèèèèèère! ah, et jus de citron…. j’ai pressé des litres de citrons… et voilà que j’oublie cet ingrédient essentiel)

Eh ben, le jour avant de partir, j’avais un peu les boules de quitter Jalcomulco… puis je me suis ravisée en me disant que ça me ferait un bon entrainement pour quand je quitterai le village pour de bon, fin mai, pour ma prochaine étape, le Guatemala.
J’ai donc pris trois bus différents, bien 5 heures on the road.

Comme cadeaux d’accueil, je me suis vue recevoir une petite grippe, une magnifique piqure de moustique sur l’oeil… ça commençait fort.
Plus la chaleur…. me sentait juste la plus sexy du Monde.
J’ai fait des litres et des litres de piña coladas. Plus que prévu même, on a vidé tous nos stocks.

Aussi, je pensais que loin de Jalcomulco et de tous mes amis là-bas, je me sentirai un peu seule ici.
Et bah non, Toujours une tête connue à croiser. La soeur de mon boss, tous les copains de mon boss et de mon co-worker, Barni, la famille de Barni, le couple de la taqueria où le stand était…

J’ai pas vraiment profité de la feria… Pendant les rush, j’avais les mains dans le citron, et quand on fermait, le bal se terminait.

Mais pendant les journées calmes, j’ai fait un tour par la rivière. Et sur la route du retour, on s’est arrêté à Filobobos, pour voir El Cuajilote, un site arquéologique. Vous verrez sur les photos les pyramides construites par les Totonacs, et qui sont maintenant presque toutes recouvertes d’arbres. Un endroit d’un calme extraordinaire. voir ici le lien wikiki

et les photos sont là:

Question numero 16

•mai 12, 2011 • Un commentaire

Qu’est-ce que tu regrettes d’avoir emporté dans ta valise (depuis la France) ?


parce que ça te sert à rien, ou que ça t’encombre ou que sais-je, et du coup est-ce que tu t’en es débarrassée et si oui, quand et comment et où et avec qui ?

 

Mmmh, bonne question! Je ne dois répondre que pour un objet?

Pour le moment, mon sac est toujours trop lourd, il y a une pile de choses dont je ne me sers pas, au fond… Mais je me dis qu’un jour, je remettrai peut-être ce bonnet en pure laine d’Islande, par exemple en Patagonie ou en Mongolie. Idem pour toute la pharmacie et deux trois babioles d’hygiène et de toilette (aujourd’hui, j’ai juste besoin d’écran total, mais qui sait si dans 5 mois, c’est pas de la grosse creme anti-gerçure qu’il me faudra).

Ensuite, j’ai apporté des choses qui ont disparu par le fait de circonstances toutes différentes (dons, usures  et pertes notamment), et que j’ai pu renouveler ou pas (encore): lunettes de soleil ( dans la riviére bouh!!! ), stylos, paires de chaussettes, livres (dommage mais je ne peux pas les garder), robe, deux t-shirts au moins, maillot de bain, chapeau, etc.

J’avais emporté un petit ami aussi, et il est retourné en France, par la même occasion avec quelques affaires. J’ai également envoyé un colis en France, puis quand mes parents sont venus, je leur ai donné des choses à remporter.

A chaque fois que j’ai quitté un lieu, comme je ne pouvais jamais fermé mon sac, j’ai aussi toujours laissé des petits trucs derrière moi.

Bon, s’il ne faut en choisir qu’un, le truc qui ne m’a pas servi et qui prenait trop de place alors que j’étais trop contente de l’emporter: une radio lampe de poche á énergie solaire et manuelle. Un objet bien chic, mais qui ne m’a finalement pas du tout servi. Repartie en France avec le petit ami.

Merci pour la question!

Question numero 15

•mai 6, 2011 • Laisser un commentaire

Quelle est la plus belle ou la plus importante leçon de vie que tu retiens de ces 6 mois de voyage?

Le coeur des gens est une ressource infinie… J’ai rencontré des personnes formidables, et c’est le plus beau cadeau jamais reçu, toutes ces rencontres.
J’avais confiance en l’être humain avant de partir, mais je ne m’attendais pas à tant.
La distance modifie très certainement ma vision des choses, mais j’ai la chance inouie de partager des moments inoubliables avec des amis. Des gens adorables, beaux, généreux, ouverts, drôles, incroyables, un peu fous, intelligents, …
Vraiment, je ne m’attendais pas à autant de sympathie et d’amour de la part d’amis de la route, et je suis souvent estomaquée de recevoir autant…
C’est magique et je suis comme comblée. C’est tellement plus important que la course après l’argent, la consommation, la recherche de la perfection…